Le Comité français de l’UICN a organisé en partenariat avec l’Agence des aires marines protégées un atelier sur les relations entre les aires marines protégées et les changements climatiques le 29 mai à l’occasion de la conférence Little Sydney (Hainburg, Autriche), qui visait à faire état des conclusions du congrès mondial des parcs et à décliner dans le contexte européen la promesse de Sydney.

L’atelier intitulé « aires marines protégées et changements climatiques, des problèmes aux solutions bleues » est parti du constat que l’Union Européenne est un acteur de premier plan à l’échelle internationale sur cette thématique, au regard de l’importance de son domaine marin (le premier au monde avec 25 millions de km2), de son réseau d’aires protégées (désignation Natura 2000, statuts nationaux), de la vulnérabilité de certains de ses espaces naturels (côtes méditerranéenne et mer du Nord, territoires ultramarins) et du fait que la prochaine conférence des parties de l’UNFCCC se déroulera dans l’un de ses pays membres.

Les présentations ont porté sur les conclusions de l’atelier d’experts internationaux qui s’est déroulé à Paris du 27 au 29 avril à l’initiative de l’UICN et de l’Agence des aires marines protégées, sur le rôle des aires marines protégées dans les stratégies d’adaptation et d’atténuation des changements climatiques. Ces échanges techniques de haut niveau avaient pour objectifs de faire l’état des connaissances scientifiques disponibles sur cette thématique, et de proposer des recommandations pour positionner les aires marines protégées comme des solutions naturelles pour la réduction des risques climatiques. Christophe Lefebvre (AAMP) a rappelé les dix points principaux issus de ces trois journées de travail, notamment la nécessité de réduire les pressions anthropiques qui s’exercent sur les océans afin de préserver en priorité leur résilience en particulier pour les habitats les plus vulnérables et fournissant de nombreux services écologiques (récifs coralliens, mangroves, herbiers, estuaires) et d’étendre les réseaux d’aires marines protégées ainsi que les moyens nécessaires à leur gestion efficace. Pour ce faire, des mécanismes de financement innovants doivent être développés (échanges de dettes, fonds fiduciaires, marché carbone). Dan Laffoley (UICN/CMAP) a ensuite animé un débat avec les participants, qui a permis d’identifier trois messages clefs pour le contexte européen, à savoir que compte-tenu de notre dépendance vitale à l’égard des océans, nous devons a) être plus ambitieux et agir en urgence en faveur du développement des aires marines protégées, b) développer une stratégie de communication globale sur les conclusions de l’atelier de Paris, et c) engager plus fortement l’Europe dans la définition d’une politique intégrée entre aires marines protégées et changements climatiques, du fait de l’importance de ses responsabilités mondiales pour la préservation de la biodiversité marine.

Ces messages et le plan d’action qui en découlera seront relayés au cours des principales échéances concernant les aires marines protégées, en premier lieu le troisième colloque national (octobre 2015, Brest), la 21ème conférence des Parties de l’UNFCCC, le prochain congrès mondial de la nature (2016) et le congrès mondial des aires marines protégées (2017).